Tu as encore faim, mais ton application t'indique que tu as mangé toutes tes calories. Qui écoutes-tu ? Dans ce sixième épisode de la série, Élodie et Étienne croisent deux rapports opposés aux calories : lui aime compter, elle ne veut plus en entendre parler. Et ils se retrouvent sur une même question : pourquoi tu le fais, et comment tu le vis ?
Un outil parmi d'autres
Compter ses calories est un outil, au même titre que l'intuition alimentaire, l'écoute de la faim et de la satiété ou le fait de savoir composer une assiette. Chacun sert à développer une compétence. Le problème n'est donc jamais l'outil, mais l'usage qu'on en fait.
- Si c'est un plaisir, que tu aimes la précision et que ça t'aide à avancer : très bien.
- Si c'est une obligation, une source de stress, un moyen de te fliquer pour ne surtout pas dépasser ton quota : prudence.
Pour les personnes qui ont un comportement alimentaire difficile, même sans aller jusqu'au trouble, le calcul calorique est rarement un outil judicieux. Élodie et la plupart des femmes accompagnées par Unit Coaching sont passées par là, et ne veulent plus en entendre parler.
Une précision qui repose sur de l'imprécision
Étienne le reconnaît : on croit utiliser un outil très précis pour mesurer quelque chose qui, en réalité, reste flou.
- Les étiquettes peuvent présenter des écarts importants avec la réalité.
- La pesée et la saisie ajoutent leur part d'erreur humaine.
- L'assimilation varie d'une personne à l'autre, notamment selon le microbiote.
- Les dépenses estimées par une montre ou une formule restent approximatives.
Utilisé pour se contrôler au calorie près, l'outil perd donc beaucoup de son sens. Utilisé pour prendre conscience de son alimentation et avoir des repères, il peut avoir un intérêt, selon le contexte et la personne. Le souci, c'est que beaucoup de femmes, souvent « bonnes élèves » perfectionnistes, appliquent ces chiffres à la lettre sans connaître ces marges d'erreur.
Quand le chiffre remplace l'écoute de ton corps
L'outil ne doit jamais remplacer les signaux de ton organisme. S'il te reste 300 calories et que tu as encore faim une fois mangées, que fais-tu ?
Élodie a retenté l'expérience à une période où elle allait mieux, pour voir. Verdict : un casse-tête (comment saisir un cake maison ?), une charge mentale supplémentaire à chaque repas, et des situations absurdes. Il reste 500 calories le soir mais plus du tout faim : faut-il se forcer ? Ou au contraire, tout est consommé dès 16 h : faut-il sauter le dîner ?
Quel coût paies-tu pour compter ? Si le stress et la prise de tête pèsent plus lourd que ce que ça t'apporte, c'est un signal.
D'ailleurs, Unit Coaching ne fait pas compter les calories à ses coachées : dans leur situation actuelle, ce ne serait pas intéressant pour elles.
Il y a un monde avant le calcul des calories
Non, compter n'est pas « la » solution, malgré tous les discours qui l'affirment. C'est utile dans certains contextes. Mais avant d'en arriver là, il y a tout le reste :
- ton sommeil : une mauvaise nuit suffit à dérégler tes sensations de faim ;
- tes émotions : un événement difficile à digérer peut te pousser à compenser ;
- ton éducation et tes schémas anciens ;
- ton état d'esprit du moment.
Chaque accompagnement emprunte un chemin différent : parfois l'intuition alimentaire, parfois le travail sur l'éducation et les schémas. Le point d'arrivée est le même, la route non.
Toutes les calories ne se valent pas
Raisonner en calories suppose que l'alimentation soit déjà structurée. Or 2 000 calories de produits industriels n'auront pas le même effet que 2 000 calories de produits bruts. Une même quantité apportée surtout par des protéines, des glucides ou des lipides n'aura pas non plus le même impact. Pour Étienne, compter, c'est regarder par le trou de la serrure : il faut ouvrir la porte pour voir tout ce qui se passe derrière.
Alors, bon ou mauvais comportement ?
Avoir peur de ne pas compter ses calories ? Non, ce n'est pas un comportement sain. S'il y a du stress, de l'oppression, une contrainte qui ne s'allège jamais, il y a quelque chose à travailler. En revanche, compter pendant une semaine pour avoir des repères, puis arrêter, c'est tout autre chose, même si ça demande un effort.
Même logique pour les médicaments de type GLP-1 que l'on voit partout présentés comme une solution miracle : ils ont été conçus pour des situations médicales précises, pas pour perdre quelques kilos avant l'été. Toute décision les concernant se prend avec un médecin.
Plus tu donnes ton pouvoir à un outil, plus tu en deviens dépendante, et le jour où tu arrêtes, tes anciennes habitudes reviennent. C'est le mécanisme de l'effet yoyo. Utiliser ces outils pour te comprendre et développer tes compétences, en revanche, mène à des résultats durables.
Pour voir où tu en es, fais le quiz sur le comportement alimentaire. Et pour un regard plus complet sur la question, écoute aussi l'épisode « Faut-il compter ses calories ? ».
À retenir
- Compter ses calories est un outil : tout dépend de pourquoi et comment tu l'utilises.
- La précision du calcul est trompeuse : étiquettes, pesée, assimilation et dépenses restent approximatives.
- Le chiffre ne doit jamais remplacer l'écoute de ta faim.
- Sommeil, émotions, éducation : il y a beaucoup à travailler avant d'en arriver au calcul.
- Plus tu donnes ton pouvoir à un outil, plus tu en dépends.