Faut-il calculer ses calories pour perdre du poids ? Pour Élodie, c'est non, et ce n'est pas négociable. Pour Étienne, ça dépend. Dans cet épisode, ils confrontent leurs deux expériences pour comprendre quand cet outil peut aider, et quand il fait plus de dégâts qu'autre chose.
Le piège : se couper de son corps
Élodie a longtemps tout pesé et tout rentré dans son application. Avec une relation déjà compliquée à l'alimentation, le résultat a été clair : elle suivait des grammages, plus ses sensations. Or nos besoins changent d'un jour à l'autre. 1 800 calories, c'est trop une journée passée sur le canapé, et pas assez une journée très active.
Et que fait-on quand on a encore faim mais que le quota est atteint ? Ou quand on se restreint toute la journée pour « garder de la place » le soir, et que tout explose au dîner ? Une coachée a fait exactement ce constat : en recomptant, elle réalisait qu'elle se restreignait naturellement, puis devait « se blinder » le soir pour atteindre son objectif.
Le calcul a aussi des effets sur la vie sociale : apporter sa balance quand on est invitée, préparer ses boîtes à l'avance, ne plus manger comme ses amis. On se sent bien sur un chiffre, mais on abîme tout le reste.
Pourquoi les calories ne racontent pas toute l'histoire
- Les chiffres sont approximatifs. Les valeurs indiquées sur les emballages peuvent varier sensiblement, et s'y ajoutent les erreurs de pesée (cru ou cuit ?), de saisie dans l'application et de calcul de tes propres besoins.
- Ton corps n'est pas une calculatrice. Ta digestion, ton stress, ton sommeil ou ta flore intestinale changent la façon dont tu utilises ce que tu manges.
- Une calorie n'en vaut pas une autre. C'est la notion de matrice alimentaire : une compote n'apporte pas la même satiété qu'une pomme. Tu peux enchaîner trois compotes, rarement trois pommes. Même chose pour le jus d'orange face à l'orange entière.
Réduire l'alimentation à un chiffre, c'est oublier qu'un repas liquide et un repas solide de même valeur calorique n'auront pas du tout le même effet sur ta faim.
Dans quels cas compter peut être utile
Pour Étienne, le problème n'est jamais l'outil, mais l'usage qu'on en fait. Compter ses calories, l'intuition alimentaire, les portions à la main : ce sont des outils parmi d'autres. On ne casse pas un mur avec un tournevis.
Compter peut avoir du sens :
- ponctuellement, pour prendre conscience de ce que l'on mange et avoir un point de repère ;
- si ta relation à l'alimentation est sereine, sans « bruit » ni peur ;
- sur un objectif court et précis (compétition, tournage…), idéalement avec un accompagnement psychologique, car ces contextes sont aussi propices aux troubles du comportement alimentaire.
Si tu comptes pour te fliquer, ce n'est pas une bonne idée. Si tu comptes pour apprendre à te connaître, ça peut être intéressant.
Toute la différence est dans l'état d'esprit. Dépasser son quota ne fait ni chaud ni froid à quelqu'un qui expérimente. Pour Élodie, à l'époque, ça voulait dire une heure d'elliptique le lendemain ou un repas sauté.
Perdre du poids sans calculer
Si compter te stresse, te prend la tête ou te coupe des autres, sache que tu peux faire sans. C'est ainsi qu'Élodie s'en est sortie, et c'est ce que vivent les coachés d'Unit Coaching : retrouver le plaisir, la liberté mentale, et pouvoir prendre un dessert au resto… ou pas, en étant alignée avec ce dont on a envie.
Pour celles qui sont rassurées par l'application, une étape intermédiaire existe : continuer, mais changer de regard. C'est OK de dépasser, c'est OK d'oublier un jour. On reprend le contrôle au lieu de le laisser à l'application.
Prendre conscience reste utile. Élodie raconte avoir réalisé combien de sucre contenaient les madeleines qu'elle mangeait au petit-déjeuner, souvent par flemme d'en préparer un. Elle ne les a pas bannies : elle en mange moins souvent, et vraiment par plaisir.
Le vrai problème : la restriction
Dès qu'on classe un aliment comme « pas bien », le cerveau ne pense plus qu'à lui. C'est la restriction cognitive qui crée les pulsions, pas le chocolat lui-même. En réintégrant ces aliments et en travaillant le contexte autour, beaucoup de coachés découvrent qu'ils peuvent se contenter d'un morceau de fromage ou de deux carrés de chocolat, sans culpabilité ni frustration.
À retenir
- Compter ses calories est un outil, ni bon ni mauvais en soi : tout dépend de pourquoi et comment tu l'utilises.
- Si ta relation à l'alimentation est compliquée, le calcul risque de te couper encore plus de tes sensations.
- Les chiffres sont approximatifs et une calorie n'en vaut pas une autre : la matrice alimentaire compte.
- Si ça n'a pas fonctionné durablement, change de méthode plutôt que de recommencer.
- C'est souvent la restriction, et non l'aliment, qui crée les craquages.