Tu sais que tu devrais prendre du temps pour toi, mais dès que tu t'arrêtes, tu culpabilises ? Ou tu as l'impression de ne jamais en avoir le temps ? Et si le problème n'était pas ton agenda, mais ta façon de vouloir te ressourcer ? Élodie et Étienne déconstruisent une idée reçue : prendre du temps pour soi, ce n'est pas forcément ne rien faire.
Pourquoi c'est si difficile de ralentir
Pendant longtemps, l'expression ne faisait même pas partie du vocabulaire d'Élodie. Éduquée dans l'idée qu'on a toujours quelque chose à faire, et que la sieste est mal vue, elle n'a pris conscience de ce besoin qu'en touchant le fond : épuisée physiquement, mentalement et émotionnellement, au point que la moindre tâche lui coûtait de l'énergie. C'est son corps qui a dit stop.
Burn-out, bore-out, brown-out : trois façons de s'épuiser
- Le burn-out : une surcharge trop intense. On en fait trop, on ne récupère pas, on « brûle ».
- Le bore-out : l'épuisement par l'ennui, avec un fort sentiment d'inutilité.
- Le brown-out : la perte de sens. On reste occupé, mais on ne sait plus pourquoi on fait ce qu'on fait.
Ils peuvent se mélanger : on peut être en burn-out au travail et en bore-out à la maison. Élodie a connu les trois à l'époque où elle donnait des cours collectifs préchorégraphiés : trop de cours, une routine qui l'ennuyait profondément, et la question lancinante « est-ce que je vais faire ça toute ma vie ? ».
La leçon : nous avons besoin de stimulation, une certaine dose de stress, et de récupération. Trop peu, on s'ennuie ; trop, on explose.
Prendre du temps pour soi ≠ ne rien faire
« Assieds-toi et médite deux heures. » Pour Étienne, c'est une torture. La définition d'Élodie : faire, ou ne pas faire, quelque chose qui te ressource, dans le moment présent, sans peser le pour et le contre, et dont tu ressors rechargée.
Il existe trois fatigues : physique, mentale et émotionnelle. Si tu es épuisée mentalement et émotionnellement, une séance de sport peut te faire un bien fou, même si elle te fatigue physiquement. Si tu es épuisée sur les trois plans, une séance intense risque au contraire de t'achever : une sieste ou un moment allongée sera plus adapté.
Un massage, une baignade, une marche dans la nature, appeler une amie, une heure de série, du bricolage, du jardinage… Pour Élodie, étendre le linge dans l'herbe, au soleil, avec les oiseaux, est un vrai moment de pause. À chacune ses ressources.
« Je n'ai pas le temps, j'ai trop de choses à faire »
Vaisselle, linge, ménage : la liste ne s'arrête jamais. Élodie a longtemps tenu à ce que tout soit impeccable. Aujourd'hui, elle se pose une question simple : si je ne le fais pas tout de suite, qu'est-ce qui se passe vraiment ? Et qu'est-ce que ça me permet de faire à la place ?
Souvent, c'est la peur du jugement qui parle : « et si quelqu'un passait à l'improviste ? ». La maison n'a pas besoin d'être parfaite, il faut qu'elle vive.
Attention à l'excès inverse : il ne s'agit pas d'arrêter tout ce qu'on n'aime pas. Plutôt de voir comment le faire autrement, moins souvent ou moins intensément, pour que ce soit plus acceptable.
Ce qui te ressource selon ton type de personnalité
Élodie et Étienne s'appuient sur le modèle Com'Colors, qui distingue six types. Chacun a une couleur dominante et une secondaire, et ses propres valeurs : l'idée n'est pas de se mettre dans une case, mais de comprendre son fonctionnement.
- Rouge : l'action et le challenge. C'est le type d'Étienne. Il se ressource en faisant, en relevant des défis, comme dans un bain glacé. Son piège : foncer tête baissée, au point d'oublier tout le reste ou de fuir ce qui l'ennuie.
- Vert : le calme et la solitude. Un des types d'Élodie. Rester allongée une heure avec des écouteurs, observer des fourmis… Se couper du bruit et des interactions est essentiel, sans que ce soit un rejet des autres. Ose dire à tes collègues que tu as besoin de manger seule de temps en temps.
- Jaune : la nouveauté et la variété. La routine l'éteint. Il aime papillonner entre différents groupes et activités, et peut être plus sujet au bore-out.
- Violet : le sens et l'échange. Il a besoin d'être entendu (ce qui ne veut pas dire qu'on soit d'accord avec lui) et de débattre de ses convictions. Il peut être plus exposé au brown-out.
- Orange : le lien. Il a besoin d'interactions, mais a du mal à dire non, de peur d'abîmer la relation. Il peut s'épuiser à force de dire oui.
- Bleu : la structure. Organiser, ranger, planifier le ressource. Son piège : la perfection.
Même face au sport, les besoins diffèrent : le vert préfère s'entraîner seul, l'orange avec une amie, le jaune en groupe, le rouge avec un objectif, le bleu avec une séance structurée, et le violet a besoin de comprendre pourquoi il le fait.
Quand tu ne respectes jamais tes besoins, c'est souvent le pot de pâte à tartiner qui compense en fin de journée.
C'est en comprenant qu'elle avait besoin de ces temps calmes, et en déconstruisant l'idée que ne pas travailler faisait d'elle une « fainéante », qu'Élodie a pu se libérer d'une grande partie de ses compulsions alimentaires.
Comment trouver ce qui te ressource
Il n'y a pas de bonne réponse universelle : expérimente. Teste, observe ce qui te recharge et ce qui te vide. Repère les croyances, les peurs et les jugements qui t'empêchent de t'autoriser ces moments, puis déconstruis-les. Que ce soit rester allongée sur un canapé… ou démolir une cloison.
Pour aller plus loin, Élodie, certifiée sur ce modèle, propose un test de personnalité complet suivi d'un coaching. Tu peux commencer par ce premier quiz.
À retenir
- Prendre du temps pour soi, c'est faire (ou non) quelque chose qui te ressource vraiment.
- Identifie ta fatigue (physique, mentale, émotionnelle) pour choisir comment récupérer.
- On s'épuise par excès (burn-out), par ennui (bore-out) ou par manque de sens (brown-out).
- Chaque type de personnalité se ressource différemment : ce n'est pas une case, c'est une piste.
- Ne pas respecter tes besoins favorise les compensations, notamment alimentaires.