Faut-il garder sa routine sportive pendant les vacances, ou profiter pour lever le pied ? Avant, Étienne emportait systématiquement ses anneaux de gym « pour la bonne conscience », sans jamais s'en servir. Élodie, elle, ne faisait plus rien du tout. Deux extrêmes, et une même question : pourquoi est-ce que je bouge ?
Tu fais beaucoup de sport et la pause t'angoisse
Si tu t'entraînes régulièrement toute l'année et que l'idée de deux semaines sans sport te stresse, la meilleure chose à faire est peut-être… de ne pas en faire. Si cette pause te fait craindre une prise de poids ou des compulsions, pose-toi la question d'une possible dépendance au sport.
Étienne explique que nos comportements partent de nos pensées et de nos croyances. Si tu pars en vacances dans une énergie de peur (« c'est pas bien, je vais tout perdre »), tes actions en seront marquées, avec des résultats rarement à la hauteur. C'est le cercle vicieux du « plus j'en fais, moins j'y arrive ».
La culpabilité peut être utile pour se remettre en question. Mais quand tu fais déjà beaucoup pour toi, il est temps d'apprendre à te lâcher la grappe. Une pause, ou simplement bouger différemment, ne peut être que bénéfique.
Ce ne sont pas deux ou trois semaines sans sport qui définissent ton corps, mais ce que tu fais toute l'année.
Tu fais du sport par obligation
Pour Élodie, les vacances étaient une soupape. Le reste de l'année, elle ne s'entraînait pas par envie, mais pour compenser ses crises d'hyperphagie et « éviter de grossir ». Jusqu'à 35 heures de sport par semaine, entre ses cours en tant que coach et ses propres séances.
Le corps a besoin de récupérer, comme une pâte à pain qu'on laisse reposer après l'avoir pétrie. Mais si tu passes de « 5 h de sport obligatoires » à « vacances, je ne veux plus en entendre parler », c'est le signe qu'il y a trop d'injonctions dans ton quotidien. Demande-toi ce qui te fait vraiment du bien et te ressource.
Tu bouges peu et tu aimerais t'y remettre
Bonne nouvelle : les vacances sont un excellent moment pour tester. Le vélo (même électrique, si c'est ce qui te permet de reprendre confiance), la natation, une randonnée, du beach-volley, jouer dans les vagues avec les enfants ou les petits-enfants… L'idée n'est pas forcément de « faire du sport », mais de se remettre en mouvement.
Ensuite, il s'agit de prolonger la dynamique au retour sous une autre forme. Tu ne feras peut-être plus 1 h 30 de vélo, mais aller à la boulangerie à vélo, c'est déjà un quart d'heure de mouvement glissé dans ta journée.
Faire un état des lieux, sans jugement
Les vacances permettent de voir où en est ton corps aujourd'hui. Tu tangues à vélo, tu es vite essoufflée, tu n'oses pas te montrer ? C'est désagréable, mais ce n'est ni bien ni mal. Ça veut simplement dire que tu as mis d'autres priorités ces derniers temps. Ton corps a une mémoire : il suivra si tu le remets en route.
Étienne compare le corps à une voiture : même neuve, si elle ne roule pas pendant six mois, la batterie est à plat et les pneus dégonflés. Il faut l'utiliser pour qu'elle fonctionne.
Pose-toi aussi la question : est-ce que mes douleurs m'empêchent de profiter, de suivre ma famille ou de rester assise longtemps ? Ou est-ce que ça ne me dérange pas ? C'est à partir de ta réponse que tu sauras quoi faire.
Les petits coups de pouce qui changent tout
Le cerveau aime le confort immédiat. Bouger, c'est un inconfort sur le moment, même si ça apporte du bien-être ensuite. Et plus on reste immobile, plus la résistance est forte. Il faut parfois se donner un bon coup de pied aux fesses pour démarrer.
N'attends pas de prendre plaisir tout de suite : un premier tour de vélo, ça fait mal aux jambes (et aux fesses). Le plaisir vient souvent un peu plus tard. Et si tu ne choisis pas toi-même de te bousculer, la vie risque de le faire à ta place, au pire moment.
Attention toutefois : ce coup de pouce concerne la phase de démarrage, de deux semaines à un mois. Si ton mouvement dépend encore de la contrainte au bout de trois mois, c'est que quelque chose doit changer dans ta façon de bouger.
À retenir
- Une pause de quelques semaines n'efface pas une année de mouvement.
- Si arrêter t'angoisse, apprends à lever le pied et à déculpabiliser.
- Si tu ne veux plus entendre parler de sport, revois les injonctions de ton quotidien.
- Les vacances sont idéales pour tester de nouvelles activités, en mode jeu.
- Au démarrage, un petit coup de pouce aide ; le plaisir vient ensuite.