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Épisode 23 Émotions

J'évolue… mais pas mon partenaire ?

La plus grosse erreur que l'on fait en couple quand on travaille sur soi

Podcast L'art de s'aimer · avec Élodie & Étienne · · 26 min

Tu manges plus sereinement, tu te comprends mieux, tu poses tes limites… et tu as l'impression que ton partenaire, lui, reste sur place. C'est une situation très fréquente quand on commence un travail sur soi. Élodie et Étienne expliquent pourquoi ce « décalage » est souvent une question de perception, et comment le vivre sans abîmer le couple.

Un décalage… perçu

Le mot est important : on parle d'un décalage perçu. On obtient des résultats là où l'on met son temps, son énergie et son argent. Si tu as investi dans ton corps, tes émotions et ton alimentation, tu as changé, et tes comportements avec.

Ce qu'on voit moins, c'est où ton partenaire investit les siens. Peut-être qu'il se connaît moins sur le plan émotionnel, mais qu'il grandit énormément dans son travail, avec les enfants ou avec ses amis. Et qu'il a l'avantage de ne pas se prendre la tête avec le développement personnel.

Le piège du piédestal

Élodie le reconnaît volontiers : penser « moi je fais des efforts, les autres non », c'est inconsciemment se mettre au-dessus. Et de là-haut, on n'a plus une vision juste de la situation. On voit chez l'autre les comportements qu'on a soi-même changés, et on aimerait qu'il change aussi.

Souvent, ce n'est pas pour faire du mal. Au contraire : on a trouvé quelque chose qui nous a fait du bien, on a envie de le partager avec la personne qui partage notre vie. C'est justement là que la frustration naît : « j'ai une pépite dans les mains et tu ne veux pas la prendre ».

Si tu juges l'autre, c'est souvent qu'au fond, tu te juges encore toi-même.

Quand le développement personnel devient une quête de perfection

Pour Étienne, la priorité est d'être à l'aise avec la situation. Le but n'est pas de s'améliorer toute sa vie et de changer tout son entourage, mais de trouver la paix avec soi-même, quelles que soient les circonstances.

Après une première phase de libération, beaucoup de personnes veulent continuer, encore et encore : repérer chaque défaut, tout gommer. Une coachée l'a vécu ainsi : plus elle cherchait à aller plus loin, plus les craquages revenaient. Vouloir être parfaite recharge le stress et la charge mentale.

Le vrai travail, c'est d'accueillir aussi les parts de soi qu'on aime moins. Ce sont elles qui font notre personnalité. Avant de chercher à avancer, prends le temps de regarder le chemin parcouru depuis trois mois, un an, deux ans… et d'en profiter.

Où ton partenaire grandit-il déjà ?

Pose-toi la question : où met-il son temps, son énergie, son argent ? Qu'est-ce qui a de la valeur pour lui ? Le cliché du conjoint qui bichonne sa voiture fait sourire, mais si ça lui fait du bien et l'apaise, c'est peut-être sa façon de lâcher prise. Pour beaucoup, jardiner, bricoler ou cuisiner est une forme de méditation.

Il y a aussi des différences de fonctionnement. Certains sont très connectés à leurs émotions, d'autres beaucoup plus dans l'action. Cette différence peut être une richesse : celui qui se pose moins de questions te montre peut-être que tu as parfois juste besoin de passer à l'action.

Enfin, le développement personnel fait peur à ceux qui ne le connaissent pas. Aller voir à l'intérieur de soi demande de l'énergie et peut créer des remous. Demander à quelqu'un d'épuisé un effort qui ne lui parle pas, ce n'est pas forcément lui rendre service.

Communiquer sans attendre que l'autre change

Entre « tu ne te remets jamais en question » et « j'ai remarqué quelque chose, j'aimerais qu'on en parle », le choix est vite fait. L'idée est d'ouvrir le dialogue en parlant de toi, de ce que tu ressens et perçois, sans accuser. Parfois, l'autre ressentait la même chose sans oser le dire. Parfois, pas du tout. Dans les deux cas, quelque chose peut s'ouvrir.

Un couple, ce n'est pas tout partager. C'est aussi respecter ce qui fait vibrer l'autre, et pouvoir se le raconter.

Et parfois, la réponse factuelle de l'autre est une ressource. Une amie raconte s'être réveillée en pleine nuit avec une crise d'angoisse. Le lendemain, son conjoint lui a simplement fait remarquer que, puisqu'il ne s'était rien passé, tout allait bien. On peut y voir un manque d'écoute… ou un recul bien utile.

La question qui change tout : « Est-ce que tu veux que je t'aide ? »

C'est la base, et on l'oublie souvent. Avant de proposer une solution, demande : « Est-ce que tu veux qu'on en parle ? Est-ce que tu as envie qu'on cherche ensemble ? » Et accepte que la réponse soit non.

L'inverse est vrai aussi. Élodie a eu des périodes où elle avait juste besoin d'exprimer sa tristesse ou sa colère, sans qu'on lui propose tout de suite l'autre côté de la pièce. Ose dire : « là, je n'ai pas besoin de solution, juste que tu m'écoutes ».

À retenir

  • Le décalage avec ton partenaire est d'abord une perception : il grandit sûrement ailleurs.
  • Penser « moi j'avance, pas lui » te place au-dessus et brouille ton regard.
  • Le but du travail sur soi n'est pas la perfection, mais la paix avec toi-même.
  • Communique en parlant de toi, sans attendre que l'autre change.
  • Demande toujours « est-ce que tu veux que je t'aide ? » avant de proposer une solution.
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