Pour une fois, c'est Étienne qui passe sur le grill. Dans cet épisode très personnel, il raconte l'adolescent qui se trouvait « moche », le sportif qui cherchait sa valeur dans ses abdos, et le moment où il a compris qu'aider quelqu'un à perdre du poids n'était pas l'aider à se transformer.
Un ado qui cherchait sa place
Petit, Étienne ne tenait pas en place. Le sport a très vite été l'endroit où il se sentait vu, capable, et peut-être digne d'être aimé. En dehors, c'était plus compliqué : de l'acné, l'impression d'avoir un gros nez, le refus de porter des lunettes « pour ne pas passer pour un intello ». Toujours le bon pote, jamais celui avec qui on sort.
Personne ne lui a dit qu'il était moche. C'est lui qui se l'est mis en tête, en se comparant à ses amis déjà en couple. Et derrière, une croyance très lourde : si je ne suis avec personne, c'est que je suis nul et que je ne mérite pas d'être aimé.
Une confiance qui tenait à 2 kilos
Pour compenser, il a misé sur son corps. Le sport l'a aidé à se muscler et à prendre confiance… mais une confiance entièrement dépendante de son physique. Il suffisait d'être malade et de perdre deux ou trois kilos pour que tout s'effondre. Miroir tous les matins, abdos vérifiés, mesures prises : un poids énorme à porter, dont il n'avait même pas conscience.
Ça n'aurait servi à rien qu'on me dise « mais si, tu es beau ». Tant que je ne le voyais pas moi-même, rien ne pouvait changer.
Avoir une copine n'aurait rien réglé non plus. Plus tard, il est d'ailleurs tombé dans la dépendance affective : la peur que quelqu'un de « mieux » arrive, le besoin permanent d'être rassuré. C'est en apprenant à s'apprécier lui-même, et en travaillant sur ses schémas en couple avec Élodie, qu'il en est sorti. Aujourd'hui, une critique ne vient plus le toucher de la même façon.
Du droit au coaching : un parcours atypique
Un parcours scientifique, puis… la fac de droit. L'idée : passer les concours pour entrer dans les unités d'intervention, avec ce besoin d'action et cette envie de « sauver les gens ». Licence en poche, il réalise qu'il ne veut pas que sa carrière dépende des personnes qu'il connaît. Il veut que son évolution dépende de lui.
Direction la diététique, spécialisée en nutrition sportive, avec un stage dans une box de CrossFit où il coache déjà avant même d'être diplômé. Puis un brevet professionnel en haltérophilie et musculation. Un fil conducteur : à chaque étape, il sait déjà ce qu'il veut construire cinq ans plus tard.
Le déclic : ce n'est pas une question de plan
Diète, sport, suivi : ses coachés obtenaient des résultats. Pendant trois semaines. Puis tout s'arrêtait. Un jour, l'un d'eux perd 10 kg après des années d'échecs. Un an plus tard, il en avait repris 14.
Étienne a pris ça pour lui : il avait « aidé » cette personne à prendre 4 kg, et surtout à perdre encore un peu d'estime d'elle-même, à vivre un nouvel échec et à abîmer son métabolisme. Le changement ne se joue pas dans l'assiette. Il se joue dans l'identité, les croyances et la façon dont on perçoit ce qu'on vit.
Deuxième déclic, lors d'une séance de test avec un praticien : quand on lui dit « tu ne peux pas aider tout le monde », il s'effondre en larmes. Il comprend alors qu'à vouloir changer des personnes qui ne sont pas prêtes, ou seulement avec un plan, il allait s'épuiser, sans réellement les aider.
Le mindset, c'est quoi vraiment ?
Étienne s'est formé pendant plusieurs années au coaching en profondeur. Sa conviction : on a tout en nous, et changer son regard sur un événement change les résultats qu'on obtient.
Son image préférée : deux enfants se prennent la même vague. L'un rigole, l'autre pleure. La vague est la même ; ce qui change, c'est leur histoire, leurs croyances, leur état d'esprit. Le travail consiste à aider celui qui pleure à voir la situation autrement.
Appliqué aux craquages du soir : le comportement n'est qu'un fait, ni bien ni mal. Tant qu'on le juge (« t'es nul, tu as encore craqué »), on reste dans la réaction et on ne peut pas prendre de recul. Le but, c'est de passer de « je subis ce chocolat » à « je choisis de le manger ou non », sans le bruit dans la tête.
Et chez Unit Coaching, ce n'est pas toujours du traumatique : parfois, ce sont simplement des habitudes très anciennes, comme manger à heure fixe sans jamais se demander si l'on a faim.
Choisir ses défis plutôt que les subir
Pour Étienne, plus on cherche une vie sans difficulté, plus on se crée l'inverse : démotivation, craquages, douleurs. La question n'est pas « comment éviter les problèmes ? », mais « quels problèmes ai-je envie de choisir ? ». Une demi-heure d'effort au sport, ou des années à subir son corps : c'est là qu'on reprend son pouvoir.
Lui aussi a ses défis. Un bilan de santé lui a rappelé qu'à force d'aider les autres, il s'oubliait un peu. Une façon de rappeler que les coachs restent humains, et qu'il vaut mieux se méfier de quelqu'un qui ne montre jamais ses propres difficultés. Garde ta responsabilité : ne confie jamais tout ton pouvoir à un coach.
À retenir
- Personne ne peut te donner confiance en toi de l'extérieur : c'est ton regard sur toi qui doit changer.
- Une confiance qui dépend uniquement de ton physique est fragile et épuisante.
- Un plan alimentaire seul ne change pas un comportement durablement ; ton identité et tes croyances, si.
- Le mindset, c'est passer d'une situation que tu subis à une situation que tu choisis.
- Les difficultés ne sont pas à fuir : elles sont souvent ce qui te fait grandir.